Contemplation + ou - critique d'une belle assoupie dans son alcôve territoriale, assortie de coups d'oeil ailleurs...
Par Stierkopf
Azur, fils du châtelain, et Asmar, fils de la nourrice, ont grandi ensemble. Lorsque la vie les sépare, Azur rejoint le pays de ses rêves, à la recherche de la Fée des Djinns. Il y retrouve Asmar, lui aussi déterminé à trouver et gagner la fée, bravant tous les dangers et les sortilèges d'un univers de merveilles.
Sabi saghir ==> petit enfant,
Yasir kabir ==> deviendra grand,
Yaqta oul widyan fi niran ==> il franchira les oceans,
Wahouwa youkhalles houriyata ljan ==> il sauvera la fée des djins,
Ma an ya ichan fi hannan ==> et tous les deux seront heureux,
Fi hannan ==> seront heureux.
Cette comptine-berceuse, composée par Gabriel Yared et joliment interprétée par la chanteuse algérienne Souad Massi, contribue à l'illustration musicale du film "Azur et Asmar" de Michel Ocelot.
Une oeuvre d'animation qui dépeint notamment les splendeurs de la civilisation arabo-andalouse, tout en s'interrogeant de façon très actuelle sur la situation des immigrés et prônant la tolérance et l'ouverture d'esprit.
Qualités morales qu'une institutrice gardoise s'est risquée à vouloir enseigner à ses élèves des villages de St Pons la Calm et Le Pin, via un travail pédagogique sur ce film et l'apprentissage en langue arabe de la berceuse précitée... Mais en négligeant peut-être le fait que ces deux localités (proches d'Uzès) partagent un triste record, 35 % de leurs électeurs ayant en effet voté en faveur du Front National, lors des dernières élections...
Le décor ainsi planté, on connaît la suite, largement délayée ces derniers jours par les médias, à savoir une lettre courageusement anonyme de parents s'insurgeant contre le fait que leurs bambins puissent apprendre et chanter une chanson en arabe, "à l'heure où certaines catégories d'individus sifflent la marseillaise...".
L'usage du serbo-croate ou du javanais eût-il suscité pareille émotion ? Certains débats aux objectifs inavoués (sur l'identité nationale, par ex.) et autres discours stratégiquement douteux (notamment présidentiels) ont creusé leurs sillons, manifestement.
Lorsque l'irresponsabilité citoyenne plafonne à ce point dans certaines sphères politiciennes "d'en haut", comment dès lors s'étonner que certains obscurantistes franchouillards "d'en-bas", non seulement touchent le fond mais creusent encore ?
---> Petite plongée rafraîchissante, pour balayer tout ça, dans le clip-vidéo ci-dessous, extrait du film "Azur et Asmar" :
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